
Son ancien blason
Mars 2002
Je vis dans ce village en haut dans la garrigue au pied duquel s’ébattent quelques chevaux blancs .Le mistral qui y souffle repousse les nuages qui pourraient empêcher le soleil d'y briller.
Dans l’eau de la rivière enfantée par le Rhône, des fées et des esprits s’y baignent de nos jours ,que seuls les cœurs d’enfants peuvent encore surprendre.
A force de lessives et autres ablutions ,une source a jailli pétillante et bénie .On l’a baptisé Bouillens . Le monde entier bénéficie de ses vertus puisqu' on la vend encore en bouteilles de verre . Le village est si beau ,que pour mieux être admiré, l’autoroute est passée,il y a quelques années .Depuis dans la garrigue à l’aire de repos d’étranges personnages en ont forcé l’accès ….pour mieux le visiter .
Mes parents venaient passer leurs dimanches sur la place du Fort pour voir mes grands-parents . Mon père jouait à la pétanque avec mes oncles pendant que ma mère et mes tantes tricotaient ,à l’ombre du vieux micocoulier. …
Toutes deux s’effaçaient ainsi de mon envie a petits pas mesurés dans le soleil et la poussière de l’après midi dominical. J’ai su beaucoup plus tard que Thaïs était née lévrier . C’est sur ce banc ou je lisais ,que j’ai émis le souhait en voyant ces silhouettes auréolées d’une douce lumière :d’être peintre plus tard , de venir habiter ici et de me promener dans cette garrigue .C’est sûr j’aurais un chien …..
Je me souviens alors d’une vieille demoiselle qui habitait dans la maison d’en face de mon banc. Elle sortait ,quelque soit la saison, vêtue d’une gabardine tourterelle qui cachait presque ses chevilles. Sa tête était coiffée d’un petit chapeau gris en haut duquel trônait une voilette foncée .Des bottines noires à bout pointu permettaient à Amie d’affronter ,à petit trot mesuré et toujours sans faillir ,les chemins caillouteux de la garrigue sèche. Sa frêle silhouette était accompagnée par celle non moins fine de sa belle chienne noire :Thaïs, forçait mon admiration...
Dix ans après dans l’olivette de ma tante là ou paissait l’âne d’Anglès ,Pierrot , on a construit alors des maisons blanches.Peut-être le hasard m’y à fait installer , ou ce souhait qui commençait à se réaliser ? Mystère ….Plus tard ainsi j’ai pu aménager dans ma petite maison l’atelier auquel je rêvais et peindre la vie des gens de mon pays. J’avais eu entres temps ,d’autres chiens dont une yorkie : Ferkina.
Un an auparavant ,j’avais eu le souffle coupé lors d’une exposition canine .J’avais fait la rencontre d’un magnifique whippet blanc et bleu.
Devant le vide que laissait le départ de Finou, l’ image d’Amie et de Thaïs m’est alors revenue .Mon choix était donc fait ce serait un lévrier qui lui succèderait. Je le voulais de petite taille pour ne point le quitter mais le croyais de course.:Existait -il vraiment ?
Mon oncle possédait un Pli et une autre cousine en avait eu un aussi pour petit compagnon .Ils en parlaient tous deux avec grand enthousiasme et l‘amour faisaient alors briller leurs yeux. Ils me le conseillèrent .Un pli ? je ne connaissais pas ,je n'en avais jamais vu, sur des photos peut-être .J’aurais voulu pourtant en savoir plus sur la chimère avant de valider mon choix .Mais non à part le standard offert par le club et un destin moins lié à la compagnie qu’au monde des courses ou des expos, rien n’existait pour étancher ma soif de le connaître mieux...
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